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Clik here to view.La Ville de Paris vient d’interpeler par courrier la marque de papier toilette Lotus : en cause, les « aquatubes », présentés par l’entreprise comme des innovations, et qui engendrent en fait des problèmes sur le réseau d’assainissement qu’ils surchargent, alors qu’ils pourraient parfaitement être recyclés. Une « absurdité écologique » que dénonçait déjà l’UFC Que Choisir, dans une enquête sur les lingettes biodégradables.
« Ce rouleau de papier hygiénique, présenté comme innovant car jetable dans la cuvette des WC, soulève aujourd’hui des difficultés importantes pour notre réseau d’assainissement » écrit Mao Peninou, l’adjoint en charge de l’assainissement à la Mairie de Paris, à Lotus, le fabricant des aquatubes. « Ce produit jeté constitue une charge supplémentaire qui devra être éliminée en station d’épuration, alors qu’il serait préférable qu’il soit recyclé dans la poubelle de tri ou composté. Jeté dans le réseau d’assainissement, il s’ajoute aux eaux usées pour être traité en station d’épuration, dont les capacités ne sont pas infinies. Le message ainsi véhiculé aux consommateurs est mauvais, en ce qu’il délivre une autorisation d’introduction d’objets ou de déchets dans les réseaux d’égouts, et il brouille le message sur le recyclage des déchets. » La mairie de Paris ajoute que ce rouleau jetable dans les toilettes « contrevient aux dispositions du code de la Santé publique et au Règlement d’assainissement de Paris, proscrivant d’introduire des déchets dans le système de collecte des eaux usées. »
Lotus se défend en mettant en avant que l’aquatube est constitué de papier toilette et non de carton : « Que le tube soit recyclé, composté ou jeté, l’impact sur l’environnement est identique. Encore une fois, ce n’est pas du carton, c’est la même matière que le papier-toilette, soit l’équivalent de quatre feuilles de papier-toilette » insiste Marc Specque, le directeur de la communication de SCA France, la maison-mère de Lotus. Ce qui ne change rien au problème ! Ils constituent une charge de plus à éliminer, alors qu’ils pourraient être recyclés.
Cela n’arrange certainement rien non plus à la facture d’eau des usagers, puisque l’assainissement des eaux usées représente déjà en moyenne 40 % de son montant : ils entrainent au contraire un coût de traitement supplémentaire répercuté, non sur la marque, mais bel et bien sur le consommateur. En attendant d’éventuelles suites juridiques, l’association de consommateurs recommande l’achat de rouleaux de papier toilette classiques, c’est-à-dire avec des supports en carton qui se jettent dans la poubelle de tri sélectif pour être recyclés.
Sources : France Info, UFC Que Choisir
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